SolutionsMédicales.fr
Le portail au service des professionels de santé

Le SNJMG interpelle la ministre de l'éducation sur les médecins privés de thèse

    D'après le SNJMG (Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes), ils sont au moins entre 20 et 30 internes en médecine ou anciens résidents, ayant achevé leurs études de médecine, et n'ayant pu passer leur thèse afin de valider leur diplôme.
     

    6 ans pour passer sa thèse de médecine et valider son diplôme

     
    En théorie, les internes en médecine générale disposent de 3 ans pour passer leur thèse et valider ainsi leur diplôme de médecine. Le code de l'éducation nationale prévoit cependant une extension de ce délai à 6 ans. Malgré ce délais pourtant conséquent en apparence, ils sont plusieurs dizaines de médecins à avoir achevé l'ensemble de leur formation théorique et pratique de médecine, sans avoir pu valider leur diplôme dans le délai imparti : maternité, accident de la vie (voiture, ...), problèmes de santé ou familiaux, puis éloignement du milieux universitaire, difficulté à trouver et mobiliser un directeur de thèse...sont autant de raisons qui les ont tenus éloignés de leur objectif initial : devenir médecin et exercer de plein droit.
     

    L'inflexibilité administrative pour le cas de ces jeunes internes
     

    Une instruction de la direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (DGESIP) a été envoyée en février 2012 aux présidents d’université et doyens de médecine, et demande explicitement qu'« aucune dérogation ne [soit] accordée parce que les textes ne le prévoient pas ».
     
    Aucun examen individuel de ces situations n'est donc prévu, et aucune dérogation n'est possible pour les doyens. Le Dr Théo Combes, président du SNJMG, qualifie cette intransigeance et cette inflexibilité administrative de « cruelle et inhumaine », dans le courrier qu’il a envoyé à Mme Najat Vallaut – Belkacem, ministre de l’éducation nationale, pour lui demander d’intervenir sur ce dossier. Il explique : « Sans la finalisation de leur formation, perdant toutes les équivalences professionnelles soumises à leur condition d’étudiants en 3e cycle d’études médicales, sans indemnisation chômage malgré tout le travail passé à temps plein à l’hôpital en tant que résidents ou internes, ces personnes se retrouvent après une dizaine d’années supérieures longues et difficiles sans aucun diplôme ! »
     

    Des situations personnelles dramatiques...dans un contexte de pénurie de ressources médicales
     

    Dans l’impossibilité de se réinscrire en faculté de médecine pour finaliser leur passage de thèse, ces internes en médecine se retrouvent « sans statut », dans une impasse : impossible pour eux de finaliser leurs études pour passer leur diplôme, et impossible pour eux d’exercer en tant que médecin sans diplôme.  Dans un contexte de pénurie de ressources médicales, peut-on réellement se priver de médecins compétents,  formés et motivés pour exercer ? Le SNJMG demande l’abrogation du décret fixant un délai pour passer la thèse, et s’apprête à déposer un recours auprès du Conseil d’Etat.  

    Une alternative ne serait-elle pas de permettre à ce médecins de passer leur thèse et en contrepartie de ce « repêchage » leur demander une installation pour quelque temps dans une zone de pénurie médicale (par soucis d’équité et puisqu’après tout, ce n’est pas la seule filière où des limites de temps sont posées pour valider un diplôme) ?

     

    Des solutions existent forcément, si toutefois la ministre accepte de se pencher sur le dossier des médecins privés de thèse et d’assouplir un peu une administration qui démontre une nouvelle fois toute sa rigidité.
    Voir aussi notre article sur les 327 internes en médecine en attente de passer leur thèse

     

     

    Ecrit par: Solutions Medicales
    Article mis à jour le : jeudi 25 septembre 2014

    Ces articles sont à vocation pédagogique et informative et n'ont pas de valeur légale ou réglementaire. Malgré toute l'attention portée à leur rédaction et la relecture par un collège de professionnels expérimentés, Solutions Medicales décline toute responsabilité en cas d'inexactitude ou de lacune que ces textes pourraient comporter.