SolutionsMédicales.fr
Le portail au service des professionels de santé

SCAN CMV Mediforce 2015 : Des professionnels de santé libéraux sous pression

    scan CMV Mediforce 2015 PLSCMV Mediforce a publié le 21 avril 2015 la 4ème édition du SCAN CMV, observatoire des professions libérales de santé. Et hélas, la tendance n’est pas à l’optimisme : la situation de pessimisme constatée l’année dernière auprès des médecins généralistes, kinés, infirmiers, dentistes, biologistes, radiologues, pharmaciens et vétérinaires s'accentue encore.


    Affectés par le contexte économique dégradé, les professionnels de santé libéraux ont une vision de plus en plus négative de leur métier et de leur avenir. Conscients de l’évolution des patients, mieux informés et sous contrainte financière, ils ne restent toutefois pas statiques et font évoluer la relation avec leurs patients.

    L’observatoire CMV Mediforce des professions libérales de santé 2015 relève 3 principaux axes d’adaptation :

    • l’ajustement des tarifs ou des honoraires lorsqu’elle est possible (pour les pharmaciens et les dentistes notamment),
    • l’amélioration qualitative de la relation avec le patient,
    • et l’introduction de nouvelles technologies pour élargir leur offre de soins proposés aux patients.

     

    Le pessimisme des professionnels de santé libéraux s’accentue

    Le climat général des professionnels de santé libéraux, en baisse depuis 4 ans, se dégrade encore significativement : Ils estimaient la situation générale de leur profession à 5,7/10 en 2011, cette note passe sous la moyenne en 2015, pour s’établir à 4,8.


    Les pharmaciens, les dentistes et les biologistes, pourtant les professionnels à plus haut revenus du panel, sont les plus négatifs sur la situation actuelle de leur profession, alors que les infirmiers sont plus modérés, accordant une note moyenne de 5,6.


    Leur vision du futur n’est pas meilleure : la note moyenne accordée par les professionnels de santé libéraux à leur vision d’avenir est de …3,9/10 seulement. Aucun chirurgien-dentiste n’accorde une « bonne note » à sa vision de l’avenir de son métier.

     

    Moins d’un professionnel de santé sur 2 recommanderait à un jeune de choisir la même voie


    Ils étaient 71 % en 2011 à recommander leur métier de professionnel de la santé : ils  ne sont plus que 47 % à encourager les jeunes dans la même voie. Là encore, aucun dentiste interrogé ne recommande son métier !


    Les professionnels de santé sont inquiets pour leur avenir, et l’expriment clairement : désormais, une majorité d’entre eux ne recommanderait pas d’exercer sa profession en libéral.

    Une inquiétude renforcée par un contexte qui se dégrade

    Les risques identifiés restent les mêmes que les années précédentes : les charges et la fiscalité sont leur première source d’inquiétude, suivies par les contraintes administratives, puis la baisse du pouvoir d’achat de leur patient et enfin la baisse de leurs revenus. Le vote de la loi de Santé, intervenu depuis ce sondage, ne risque pas d’inverser la tendance.
    Associée à la loi Macron, elle prévoit même de déréglementer certaines professions, inquiétant encore davantage les médecins et paramédicaux interrogés dans le Scan.
    Ainsi,
    • 9 praticiens sur 10 sont opposés à l’ouverture du capital des SEL à des investisseurs non professionnels de santé (et les pharmaciens, médecins généralistes et kinésithérapeutes en premier lieu) ;
    • 7,5 praticiens sur 10 (et 9,9 pharmaciens sur 10) s’opposent à la fin du monopole des pharmacies pour les ventes de médicaments sans obligation de prescription médicale ;
    • 7 praticiens sur 10 sont contre la suppression du numerus clausus des pharmaciens, des dentistes, des infirmiers, des kinés et des vétérinaires;

    Seule la possibilité que les infirmiers et les opticiens puissent fournir des prescriptions de santé remporte une majorité des suffrages : ils sont 6 professionnels de santé libéraux sur 10 à y être favorables (les infirmiers en premier lieu, suivis des kinés, des pharmaciens). Les médecins  et les dentistes y sont toutefois opposés dans les mêmes proportions.

     

    Des patients mieux informés, plus défiants et parfois infidèles

    Internet a révolutionné notre quotidien : celui des patients et des praticiens aussi. Tout d'abord parce que les patients sont (ou se croient) mieux informés (sites médicaux grands publics, forums, sites spécialisés, sites d'associations de patients...ou sites de confrères), et parce qu'Internet ouvre la porte à une concurrence nouvelle (vente de médicaments en ligne, de produits low-cost,  offre de soins médicaux et dentaires à l'étranger). 
    Les patients sont donc :
    • sous contrainte financière
    • mieux informés
    • plus autonomes

    et donc parfois plus exigeant et plus défiants vis à vis des professionnels de santé et de leur savoir académique. Ayant vu arriver cette tendance depuis plusieurs années déjà, les praticiens l'ont intégrée, et ne la redoute plus. Ils s'y adaptent : leur discours change face à des patients plus informés, le dialogue devient plus précis, plus technique et parfois aussi plus agressif.

     

    Des praticiens de santé qui s'adaptent et se recentrent sur leur relation avec les patients

    Lorsqu'ils le peuvent, les professionnels de santé tentent de maitriser leurs coûts, par la mutualisation des moyens (matériels, assistantes, secrétaires...), voire même d'ajuster leurs honoraires ou leurs prix quand cela leur est possible (pharmaciens, dentistes notamment).


    Ils cherchent à faire évoluer l'offre de soins qu'ils proposent à leurs patients : que ce soit en leur proposant l'accès à de nouvelles techniques, ou en se formant régulièrement pour améliorer la qualité de leur pratique.


    Enfin, ils accordent de plus de plus de temps à l'écoute, au dialogue et au conseil. Ils sont mêmes de plus en plus ouverts aux pratiques alternativesou complémentaires (psychologie, yoga, relaxation, acupuncture...


    Car même dans ces temps difficiles pour les professions libérales de santé, leur valeur ajoutée est bien là : se concentrer sur l'humain et sur la relation avec le patient, qui constitue l'essence même de leur métier et bien souvent de leur vocation.

    Ecrit par: Lacroix
    Article mis à jour le : jeudi 23 avril 2015

    Ces articles sont à vocation pédagogique et informative et n'ont pas de valeur légale ou réglementaire. Malgré toute l'attention portée à leur rédaction et la relecture par un collège de professionnels expérimentés, Solutions Medicales décline toute responsabilité en cas d'inexactitude ou de lacune que ces textes pourraient comporter.